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UN PROJET ARTISTIQUE
Les studios
d’Art Zoyd, histoire brève
Groupe fondé en 1969 à Valenciennes, puis basé à Maubeuge,
Art Zoyd a inscrit son extraordinaire histoire sur plus de
trois décennies. Disques (14 à ce jour), concerts,
ballets, musique de théâtre, ciné-concerts, événementiels,
jalonnent une carrière importante qui l’amène
de New York à Adelaide, HongKong, Mexico ou Yokohama.
En
1987, Art Zoyd décide de créer son propre studio
afin de consacrer une large partie de sa recherche vers les
nouvelles technologies musicales dédiées à la
scène.
En
1996, Art Zoyd ouvre ses studios à des compositeurs
invités et pendant trois années successives invente
avec l’Orchestre National de Lille, le Tonkünstler
de Vienne et l’Orchestre National de Mexico les « Dangereuses
Visions » mêlant instrumentarium électronique,
orchestre symphonique et images pilotées par ordinateur
sur écrans géants, devant plus de 15000 spectateurs.
Il
s’associe en 1999 à l’ensemble Musiques
Nouvelles de Belgique pour développer le Centre
Transfrontalier de Production et de Création Musicales dont
le but est notamment la résidence d’artistes et
de compositeurs, et l’aide aux projets musicaux innovateurs. |
INSTRUMENTS ET INTERFACES
La particularité d’Art
Zoyd est l’utilisation
d’instruments issus de la scène électronique
(claviers, pads, échantillonneurs ou samplers) détournés
et poussés à des limites d’utilisation quasi
orchestrale, une véritable « machinerie », « orchestres
imaginaires », mêlant sons instrumentaux, bruits
d’industrie, percussions, voix (…) au service d’une écriture
extrêmement architecturée. L’idée est
d’animer et de transfigurer - donc d'engendrer - une « nouvelle
musique », issue à la fois du rock et des musiques
concrètes ou électroacoustiques puisant du premier
l’énergie vitale, et de l’ambition des deuxièmes,
l’imagination et le fantasme. |
UNE MUSIQUE ELECTROACOUSTIQUE
EN TEMPS REEL
Depuis
la rencontre avec d’autres compositeurs (Ferrari,
Granular Synthesis, Oerhing, Goebbels, Toeplitz..) et grâce à la
multiplicité de partenariats avec des assistants ou développeurs,
pour la plupart intervenants aussi à l’Ircam, aux
studios de Marseille, Bourges ou Nice, s’est imposée
de plus en plus la nécessité de varier, multiplier,
et expérimenter de nouvelles interfaces, de nouveaux outils,
de nouveaux instruments.
C’est d’abord la connexion de l’instrument traditionnel
(clavier, percussion, …) directement à l’ordinateur,
lui-même de plus en plus puissant, permettant une multiplicité de
transformations, d’exécutions de tâches à fonction
mathématique, de mises en cascade de filtres complexes,
avec un temps de réaction de l’ordre de la milliseconde
- ce qu’il est convenu d’appeler « temps
réel », opposé au « temps restitué » de
la bande magnétique -. C’est aussi l'adoption d’instruments
rares comme le theremin ou encore l’usage de capteurs de
type infrarouge employant le geste du musicien dans l’espace
(Tanaka – DSCP / 2002, La Nuit du Jabberwock – novembre
2002). |
DU STUDIO A LA SCENE
L’idée – dans la continuité du travail
spécifique d’Art Zoyd - est celle d’un chantier
permanent, en aller-retour de la scène au studio, permettant
l’exécution variée et perceptible de musiques
dont le vocabulaire et la grammaire s’éloignent désormais
de façon sensible des schémas traditionnels. |
CREATION
ET PUBLIC
Nous pensons qu’i n’y a pas de création sans
idée d’aventure. Ni public. Car la controverse de
la création musicale contemporaine porte indubitablement
sur son audience.
La faute à une diffusion et une imprégnation certes
plus que confidentielle, mais aussi peut-être à une
sorte d’absence de « vision ». De là,
cette sorte d‘ennui que souvent elle dégage, tant
par son conformisme à certains rituels de concerts qu’à la
mentalité rigide des musiciens qui « l’exécutent ».
Il nous semble précisément nécessaire de participer à réinventer
de nouveaux codes, de nouvelles immersions, de nouveaux partages,
de nouvelles intelligibilités. |
UN CENTRE DE RESSOURCES, UN
OBSERVATOIRE DE DOCUMENTATION ET DE RENCONTRE
Donner à une structure d‘artistes, dûment
identifiée, une cohérence et une interaction avec
différents partenaires en matière de recherche
et d’enseignement, de pédagogie et de développement,
et enfin de diffusion, nous semble dorénavant fondamental.
La convergence d’artistes et de pédagogues œuvrant
pour les musiques contemporaines pourrait être un des enjeux
majeurs de la création actuelle. Car le handicap de tout
art vivant semble bien sa transmission et sa pédagogie.
Aucune de ses « partitions » ou représentations
n’est aisée. Chacune d‘entre elles pose à la
fois le problème des signes nécessaires à son
exécution, de sa matière et, au-delà, de
son « instrumentation » ou de ses outils.
Un espace de ressources, un lieu permanent de recherche, artistique,
technique, contribuant à la création d’aujourd’hui,
partageant l’information et la documentation, aidant techniquement
et matériellement à des projets multiples et renouvelés
pourrait en être un des moteurs.
Cet axe est largement engagé depuis 1999 (« Aide
aux projets en Région Nord – Pas de Calais »)
dans le but de soutenir des projets diversifiés autour
de la création musicale contemporaine, associée à l’art
vivant ou à l’image. |
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